Le sourire de Julia est une création de Christophe Weber, artiste multimédia français. Rencontré en 2007, à l'occasion du Festival du sourire, Christophe Weber a réalisé un miroir à sourire tel un miroir de maquillage. Programmeur, photographe, il a su créer une machine à produire du sourire en aléatoire, une installation appelée "Lips me". Le rouge sur les visages photographiés est produit par du code. Ces sourires informatiques sont particulièrement originale. Le Musée du sourire a acquis la planche de sourires de Julia auprès de l'artiste lui-même.
 
Le sourire inconnu le plus connu de Paris, c'est lui : John Hamon. En 2017, le Musée du sourire intègre à sa collection l'une de ses affiches de propagande. Sourire en coin, lèvres brillantes, le regard espiègle et le cheveu tout ébourifhé... Depuis 2001, la figure amusée du garçon aux lunettes à la Harry Potter sourit aux Parisiens. En 1999, l'artiste a 19 ans quand il prend cette photo d'identité. Tout d'abord, une bouille affichée de façon anonyme, puis affublée d'un nom, John Hamon. Oui, c'est bien le sien. L'artiste français part en campagne. Ses affiches se retrouvent sur le mobilier urbain, haut perché sur les murs. Créant la surprise, la nuit, à la sauvage, son visage souriant est projeté ensuite sur des monuments de la capitale, BNF, Invalides, Tour Eiffel, Palais de Tokyo... Un slogan surgit : "C'est la promotion qui fait l'artiste ou le degré zéro de l'art". Sa figure est devenu un emblème, celui de la résistance, un peu à l'instar de la figure de proue de Mai 68, Daniel Cohn-Bendit photographié par Jacques Haillot et reproduit en série par les artistes militants Bernard Rancillac et Gérard Fromanger.
 
Ce n'est pas un tableau d'entomologiste, ou plus précisément de leptidoptériste. En s'approchant, on découvre de délicats copeaux vernissés de crayons de couleur montrant une galerie de sourires. Une référence à un geste qui appartient à l'enfance. L'oeuvre subtile, délicatement colorée et fragile, est signée de Sébastien Goujou (né en 1978), diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Nancy. Une pièce unique acquise en 2008 auprès de Benoît Porcher, galerie Semiose.
 
Une oeuvre engagée contre la barbarie et l'intolérance. Révéler par l'image les processus humains qui fondent une réalité dont la valeur sociale justifie la critique, tel est le projet artistique du photographe américain Andres Serrano. Des portraits dans la tradition de la photographie humaniste qui prennent une force supplémentaire, celle de la simplicité et de la grandeur d'âme. Le sourire de La Diseuse de bonne aventure, Juana Rios Rios, dite "Juana de Cubana" (2012) illustre cet appétence pour la beauté d'un visage, la vérité d'une expression. "J'ai fait de Cuba mon studio", explique l'artiste. Un bel hommage à ses racines et à sa mère cubaine. Acquise auprès de la galerie Nathalie Obadia, la photographie fait partie de la Collection du Musée du sourire depuis 2016.
 
Monsieur Chat est une création graphique de l'artiste franco-suisse Thoma Vuille, apparu en 1997 à Orléans. Il ravit les Parisiens dans le métro, sur les murs lacérés dans la rue... Son chat orangé arbore un sourire enjoué, aussi malicieux que le personnage du roman de Lewis Carroll, Le Chat du Cheshire, dans Alice aux Pays des Merveilles. Un sourire qui ne défaillit jamais malgré ses déboires parfois avec la justice. Dans sa version carton, il a intégré la Collection du Musée du sourire à l'occasion de la FIAC off 2016.
 
"Saisir l’instant, exprimer l’émotion, attraper le geste ou l’ambiance de la chose vue... ", tel a été le chemin de Sabine Weiss (née en 1924), dernière représentante de la photographie humaniste incarnée par Robert Doisneau. Elle a photographié avec bonheur les amoureux, les pauvres mais aussi les enfants, dans le Paris des années 1950… et dans le monde entier. Icone du XXe siècle, le portrait de La petite Egyptienne réalisé en 1983 lors d'un voyage au Caire avec Hugh Weiss a rejoint la Collection du Musée du sourire. "Cette petite vendait des poupées de chiffon. Elle est la joie de vivre", se souvient Sabine Weiss.
 
Il a fait de l'art, sa discipline, et du sport, son domaine de contre-performance. Avec ironie, Thomas Wattebled (né en 1990) délivre ses télescopages visuels en champion du dessalage en art et autres échouages du langage. "Il faut jouer pour devenir sérieux", disait Aristote. A travers "Ball-Trap en famille" (2013), Thomas Wattebled place les visages souriants de la famille royale d'Angleterre dans des assiettes de ball-trap, fragiles et pop à la fois. Un shooting qui devait trouver tout naturellement sa place au sein du Musée du sourire.